Les craintes du cuisinier bien connu, Jamie Oliver, concernant l’impact du TTIP sur la sécurité alimentaire sont erronées. Les lois européennes en matière de sécurité alimentaire ne seront pas modifiées par l’accord sur le TTIP. Les avis indépendants de l’Autorité européenne de sécurité des aliments continuent de s’appliquer. Qu’en est-il des OGM ? Ils doivent être déclarés sains avant qu’ils puissent être admis dans les produits alimentaires. Et même quand ils sont autorisés, cela reste à vous de décider si vous voulez les consommez ou pas.

Commentaire de la semaine : la sécurité alimentaire et le TTIP. Deux traditions différentes.

Jamie Oliver, le cuisinier bien connu et fervent défenseur de la nourriture saine dans les cantines scolaires au Royaume-Uni, a une mission nouvelle. Dans une entretien avec le Daily Mail, un journal anglais, il dépeint un tableau critique sur l’impact du TTIP sur nos supermarchés.

L’argument d’Oliver est similaire à ce que les opposants au TTIP ont fait entendre ces deux dernières années. Selon leur raisonnement, si l’on accepte le TTIP, les consommateurs européens seront obligés de manger du poulet chloré, du maïs et des tomates génétiquement modifiés (GM) ainsi que du boeuf aux hormones.

Cela donne l’impression que le commerce avec les États-Unis nous conduit dans des endroits assez obscures ?

La réponse courte est : non. Les Européens ne seront pas obligés de manger du poulet chloré, des cultures génétiquement modifiées ou du bœuf aux hormones.

La réponse longue est un peu plus complexe. Il existe trois éléments qui sont importants. Tout d’abord, le TTIP ne change pas le droit européen ou les lois nationales. Deuxièmement, les avis de ‘Autorité européenne de sécurité des aliments continuent de compter. Et troisièmement, le processus d’ autorisation européen pour les OGM doit être suivie.

Aucun changement dans le droit européen ni dans les lois nationales

Concernant le premier point, la plupart des organisations qui sont idéologiquement opposés au TTIP oublient commodément ce que le TTIP est. Il sera un traité international. Il ne change pas les lois européennes ni nationales : celles-ci ne peuvent être modifiées qu’avec l’autorisation du Parlement européen et les parlements nationaux.

Au lieu de cela, les objectifs du TTIP sont de fournir l’accès au marché pour certains produits et services, et de démanteler les obstacles techniques au commerce. Quand il s’agit de la sécurité alimentaire, les souhaits de l’UE sont claires : créer un processus d’approbation unique pour les exportations de tous les pays de l’Union. Cela est déjà le cas pour les produits américains qui profitent d’un processus d’approbation unique pour toute l’UE.

Les négociations sur le TTIP envisagent également des moyens d’encourager les autorités réglementaires européennes et américaines de mieux coopérer sur les normes de sécurité alimentaire. Mais les différences entre les normes sont simplement trop importantes pour combler l’écart. Les négociateurs européens ont souligné à plusieurs reprises leur engagement à maintenir de strictes normes européennes concernant la sécurité alimentaire, la santé et la protection des consommateurs.

Les avis indépendants de l’EFSA restent en place

Le TTIP n’affecte pas la logique des normes alimentaires de l’UE. Quand un produit est interdit dans l’UE, mais permis aux États-Unis, il ne peut tout simplement pas entrer sur le marché européen.

Les règles de l’UE n’autorisent pas l’ importation de bœuf aux hormones ou de la viande traitée avec des produits chimiques, et cela restera ainsi puisque la sécurité alimentaire est régulée par les conseils scientifique et les avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Le TTIP ne pourrait pas et ne contiendra aucun engagement interférant avec l’indépendance de l’EFSA.

Les OGM, seulement selon les souhaites des consommateurs

Les États-Unis et l’UE ont beaucoup en commun. Mais quand il s’agit de l’approche sur les OGM, c’est vraiment une histoire de deux traditions divergentes. Dans l’UE, les citoyens se méfient des organismes génétiquement modifiés (OGM). Aux États-Unis, les points de vue sont différents : les gens sont sensibles aux avantages du maïs et des tomates avec une résistance plus forte à des maladies et avec des rendements plus élevés.

Mais à la fin, ce sont aux Etats membres de l’UE et aux consommateurs de prendre leurs propres décisions. Au niveau européen, les OGM qui sont autorisés, le sont car des preuves scientifiques ont montré qu’ils étaient sans danger pour les consommateurs. Les États membres conservent cependant le pouvoir de les interdire sur leur territoire. Enfin, les règles d’étiquetage de l’UE imposent que les emballages des produits spécifient clairement qu’un produit contient des OGM. Ces règles européennes continueront à rester en place.

Conclusion : des craintes non rationnelles

Certains de ceux qui s’opposent au TTIP semblent être mal informés. Les normes européennes de sécurité alimentaire ne seront pas modifiées par l’accord du TTIP. Les avis indépendants du régulateur européen de la sécurité alimentaire continuent de s’appliquer.

Et les OGM ? Ils doivent être déclarés sains avant qu’ils puissent être admis dans les produits alimentaires. Et même quand ils sont autorisés, ça reste à vous à décider si vous voulez le consommez.
Avec ou sans la conclusion du TTIP, la crainte que les supermarchés européens soient inondés avec du poulet chloré ou du bœuf aux hormones est erronée.

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